Un nouveau vaccin au Mali pour réduire les diarrhées mortelles chez les enfants

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Le Mali devient le 20ème pays éligible au soutien GAVI à introduire dans son programme national de vaccination le vaccin contre le rotavirus (communiqué de presse conjoint Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique du Mali, UNICEF, OMS, GAVI Alliance)

Un nouveau vaccin au Mali pour réduire les diarrhées mortelles chez les enfants

Crédit : UNICEF Mali/2013/Dicko.

Bamako, 14 janvier 2014 – Un vaccin contre le rotavirus est introduit par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique avec l’appui de GAVI Alliance, de l’UNICEF et de l’OMS. L’initiative vise à réduire le nombre de décès d’enfants maliens de moins de 5 ans causés par les diarrhées à rotavirus, estimé à plus de 7000 par an au Mali.

Dans le monde, le rotavirus est la principale cause de diarrhée chez les nourrissons et les jeunes enfants. Le Mali possède l’un des taux de mortalité les plus élevés dus aux diarrhées à rotavirus avec plus de 300 décès pour 100 000 enfants, selon une étude menée par CVD/CNAM/Mali intitulée « Surveillance multicentrique des maladies diarrhéiques en milieu hospitalier et communautaire de décembre 2007 à décembre 2009 ». Il en résulte un nombre important de maladies graves, d’hospitalisations et de décès.

Le rotavirus est très contagieux. Il se propage par contact avec des matières fécales, de l’eau ou des aliments qui ont été contaminés. Les symptômes apparaissent généralement deux à trois jours après l'infection : vomissements, diarrhée aqueuse, souvent avec de la fièvre et des douleurs abdominales.

Il existe un traitement symptomatique de la déshydratation par la thérapie de réhydratation par voie orale. Cependant, l'accès aux traitements contre les diarrhées sévères liées au rotavirus peut s’avérer limité ou indisponible. La vaccination fait donc partie des stratégies clé de prévention de la maladie. Elle doit être complétée par d’autres méthodes dans la mesure où le vaccin ne couvre qu'une proportion limitée des rotavirus : la thérapie par réhydratation orale, l’allaitement, la supplémentation orale en zinc, l’amélioration de l’accès à l’eau potable, de l’hygiène et de l’assainissement, ainsi qu'une nutrition adéquate.

Il est nécessaire de mettre en œuvre dès aujourd’hui les mesures prioritaires, notamment la vaccination et la promotion des bonnes pratiques d'hygiène. Les activités pour introduire le vaccin permettront de renforcer le plaidoyer, de sensibiliser les communautés, de renforcer les capacités du personnel de santé, la logistique, la chaîne de froid et la surveillance épidémiologique.

Le vaccin sera introduit sur l’ensemble du territoire, en trois phases et sur trois ans. Tout d’abord à Bamako, ensuite dans les capitales régionales et enfin, dans les milieux ruraux.

Fin 2013, plus de 50 pays avaient introduit ce vaccin dans leurs programmes nationaux de vaccination, dont plus de 10 en Afrique. Le nombre important de diarrhées à rotavirus au Mali et l’efficacité démontrée du vaccin à réduire de façon significative leur incidence, sont les raisons qui ont amené le Mali à l’introduire dans le programme élargi de vaccination (PEV) national.

L’introduction de ce vaccin portera à 11 les maladies cibles du PEV au Mali. Selon les résultats de l’étude multicentrique (GEMS : Global Enteric Multicenter Study) menée par le CVD-Mali, CNAM, le rotavirus représente à lui seul 30 à 40 % des causes de diarrhées aiguës infectieuses chez l’enfant. Dans le monde chaque année, il est enregistré 111 millions de cas de diarrhées à rotavirus. Elles sont responsables de plus de 500 000 décès par an.

Au Mali, les autorités sanitaires sont bien conscientes des dangers du virus, c’est pourquoi le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique ne ménage aucun effort pour la réussite de l’introduction cette vaccination dans le Programme Elargi de Vaccination (PEV) de routine.

Selon la direction exécutive de GAVI Alliance « Protéger les enfants maliens par l’ajout du vaccin contre le rotavirus dans le programme de vaccination national est un investissement fondamental dans l’avenir du pays. GAVI est particulièrement heureux de soutenir le gouvernement malien dans cet effort à un moment où le défi de la reconstruction du système de sante fait suite à une situation humanitaire et sécuritaire difficile ».

Selon la Représentation de l’UNICEF au Mali, « L’initiative ne connaitra le succès attendu qu’avec la confiance et la pleine participation des communautés, des agents de santé et des médias. La communication, l’information, l’éducation et la sensibilisation seront déterminantes pour encourager la vaccination de l’ensemble des enfants de moins de 5 ans au Mali ».

Selon la Représentation de l’OMS au Mali, « conformément au mémorandum d’entente signé entre le Gouvernement du Mali et l’Organisation mondiale de la Santé d’une part et d’autre part entre l’Alliance GAVI et l’OMS relative à la mise en oeuvre de la programmation transitoire du renforcement du système de santé et du soutien aux services de vaccination, sous financement de GAVI Alliance, l’OMS, l’UNICEF et GAVI Alliance seront toujours à vos côtés pour améliorer la santé en étendant tous les avantages de la vaccination à tous les individus, quel que soit l’endroit où ils sont nés, qui ils sont et où ils vivent d’ici à 2020 et au-delà. »

GAVI est financée par des gouvernements [Australie, Canada, Danemark, France, Allemagne, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, République de Corée, Russie, Afrique du Sud, Espagne, Suède, Royaume-Uni, Etats-Unis d’Amérique], la Commission européenne, la Fondation Bill & Melinda Gates, ainsi que des partenaires privés et institutionnels [Absolute Return for Kids, Anglo American plc., la Children’s Investment Fund Foundation, Comic Relief, Dutch Postcode Lottery, Son Altesse Cheikh Bin Zayed Al Nahyan, JP Morgan, la Fondation « la Caixa », LDS Charities, Lions Clubs, OPEC et Vodafone]. 

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