Une nouvelle étude confirme les progrès et la valeur ajoutée de la vaccination contre la pneumonie

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Des progrès célébrés alors que le Malawi devient le prochain pays en développement à introduire le vaccin antipneumococcique samedi, à l’occasion de la Journée mondiale contre la pneumonie
 

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Photo: GAVI/11/Riccardo Gangale.

GENÈVE — 10 novembre 2011 — Les vaccins contre la première cause de décès dus à la pneumonie dans les pays en développement permettraient de sauver des millions de vies et sont extrêmement rentables, selon une nouvelle étude détaillée à paraître jeudi 10 novembre.

Les auteurs d’un article publié dans la revue International Health estiment que les deux vaccins antipneumococciques introduits récemment dans les pays les plus pauvres de la planète grâce au soutien de GAVI Alliance permettraient de sauver la vie de trois à quatre millions d’enfants au cours des dix prochaines années. Un rapport distinct publié par le Centre international d’accès à la vaccination (International Vaccine Access Center, IVAC) de l’Université Johns Hopkins révèle que le déploiement des interventions visant à lutter contre la pneumonie a été mené de manière très inégale. Malgré les progrès réalisés dans le domaine de l’accessibilité aux vaccins, force est de constater aujourd’hui un manque d’accès aux soins de santé et aux traitements antibiotiques dans les pays où les enfants sont plus vulnérables à la maladie.

La pneumonie a tué plus de 1,5 million d’enfants en 2008 – plus que toute autre cause de décès, et plus de 98 % de ces décès surviennent dans les pays en développement. Il semble toutefois désormais possible de réduire le nombre de décès, et rapidement. Avec le soutien de GAVI, de plus en plus de pays parmi les plus pauvres de la planète émettent une demande de soutien pour l’introduction de nouveaux vaccins contre les infections à pneumocoque, cause principale de pneumonie et de méningite. Selon le projet de surveillance des sérotypes des souches d’infections à pneumocoque (Pneumococcal Global Serotype Project), les nouveaux vaccins permettraient de prévenir plus de 70 % des infections invasives à pneumocoques, en Afrique et en Asie, où les enfants sont exposés au risque maximum de contracter la maladie.

« En 2011, 3,6 millions d’enfants auront été vaccinés contre la maladie à pneumocoques, et 10 millions d’enfants supplémentaires devraient recevoir le vaccin d’ici la fin de l’année prochaine », a déclaré le Dr Seth Berkley, PDG de GAVI Alliance. « Samedi, le Malawi deviendra le 16ème pays à faibles revenus à introduire le vaccin antipneumococcique pour protéger ses enfants – et ce n’est qu’un début. Grâce au soutien des donateurs, GAVI prévoit d’introduire ces nouveaux vaccins dans près de 60 pays d’ici 2015 ».

Selon l’OMS, le taux de couverture vaccinale de base dans les pays cibles de GAVI est d’environ 80 %, comparé au taux de vaccination moyen de 67 % en 2000.

Toutefois, en dépit de réels progrès dans l’accès aux vaccins, les enfants ne reçoivent pas souvent le traitement antibiotique le plus adéquat lorsque des cas de pneumonie surviennent. C’est ce qui ressort d’un rapport publié aujourd’hui par l’IVAC qui montre, malgré les progrès accomplis en matière de prévention et de lutte contre la pneumonie – première cause de mortalité infantile dans le monde – dans 15 pays, que tous ces pays n’offrent pas un niveau de protection et de traitement adéquat (allaitement maternel, accès aux soins de santé et aux traitements antibiotiques).

« Les vaccins et les traitements antibiotiques sont comme deux filets de sécurité complémentaires – les vaccins sont considérés comme étant la première ligne de défense, alors que la prise d’antibiotiques permet aux enfants qui passent à travers les mailles du premier filet de sécurité ne meurent pas », a déclaré Orin Levine, professeur et directeur exécutif de l’IVAC. « Nous devons pérenniser les progrès spectaculaires réalisés cette année dans le domaine de la vaccination et améliorer l’accès aux traitements antibiotiques afin d’éradiquer complètement la maladie ».

Selon une nouvelle étude à paraître aujourd’hui dans la revue International Health, les vaccins antipneumococciques 10- et 13-valent introduits récemment dans les pays éligibles au soutien de GAVI constituent « une réelle opportunité » pour les pays les plus pauvres, mais aussi un investissement solide à long terme pour les pays les plus exposés aux risques – ces conclusions sont valides malgré certains problèmes liés à la collecte de données dans certains pays couverts par l’étude.

« Nous savons que la vaccination peut sauver des centaines de milliers de vies chaque année dans le monde en développement », a déclaré Anushua Sinha, auteure principale de l’étude et professeur associée au département de médecine préventive et de santé communautaire de l’Université de médecine et d’odontologie du New Jersey. « Ces nouveaux travaux de recherche montrent que, grâce au soutien de GAVI, les vaccins antipneumococciques s’avèrent également être un investissement très rentable, quel que soit la manière dont on analyse les données ».

Cette étude, financée par GAVI et conduite par un groupe indépendant de chercheurs universitaires, montre que les avantages de la vaccination s’étendent au-delà des enfants vaccinés dans un pays donné. Les auteurs montrent que les adultes plus âgés et les jeunes enfants, moins exposés à des sources d’infection, pourraient être protégés par « l’immunité de groupe ». Ils notent par ailleurs que les vaccins introduits grâce au soutien de GAVI permettront de couvrir plus de souches responsables de pneumonie, sont rentables, et qu’ils sauveront plus de vies.

Anushua Sinha a déclaré que ses collègues et elle ont basé leurs conclusions sur le prix des vaccins antipneumococciques négocié dans le cadre du mécanisme de garantie de marché (AMC). Au prix négocié, a-t-elle dit, ces vaccins seraient « extrêmement rentables dans 69 des 72 pays soutenus par GAVI ». L’étude démontre que les données concernant les dépenses évitées grâce au soutien de GAVI sont également éloquentes. De 2010 à 2019, les dépenses évitées dues aux effets directs et indirects de la vaccination s’élèvent entre 986 millions et 1,2 milliard US$ – 85 % de ces dépenses auraient été consacrées à la prévention de la pneumonie.

Le déploiement du vaccin antipneumococcique dans les pays en développement a débuté en décembre 2010, lorsque le Nicaragua a introduit le vaccin dans son programme de vaccination de routine grâce au soutien de GAVI. Depuis, le Kenya, le Guyana, la Sierra Leone, le Yémen, le Honduras, la République démocratique du Congo, le Mali, la République centrafricaine, la Gambie, le Bénin, le Cameroun, le Rwanda, le Burundi et l’Ethiopie ont emboîté le pas. Le Malawi introduira ce nouveau vaccin le 12 novembre prochain, à l’occasion de la Journée mondiale contre la pneumonie.

Le déploiement des vaccins antipneumococciques dans le monde en développement est rendu possible grâce au financement de GAVI Alliance. Parmi les donateurs principaux de l’Alliance figure la France, dont les engagements financiers s’élèvent à 1.35 milliards d’Euros à ce jour jusqu’en 2026.

Pour de plus amples informations, visitez les sites www.gavialliance.org/pneumonia, www.jhsph.edu/iva c  ou www.worldpneumoniaday.org.

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Le Centre international d’accès à la vaccination (IVAC) de l’Université Johns Hopkins a pour mission d’accélérer l’accès aux vaccins salvateurs à travers l’élaboration et la mise en œuvre de politiques fondées sur des données probantes. Nourri par l’expertise scientifique collective, l’IVAC souhaite impulser un nouvel élan à la vaccination pour s’assurer que des millions d’enfants grandissent en bonne santé pour devenir des adultes productifs. Les projets mis en œuvre par l’IVAC bénéficient d’une subvention de plus de 50 millions US$ accordée par la Fondation Bill & Melinda Gates et GAVI Alliance.

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