Les vaccins antirotavirus protègeront les enfants contre la diarrhée sévère et mortelle
Dr. Uzziel Ndagijimana, secrétaire permanent du Ministère de la santé du Rwanda, administre la première dose du vaccin contre le rotavirus à un enfant de Gataraga, Musanze. Source: Cyriaque Ngoboka/UNICEF Rwanda/2012.
GENÈVE, 25 mai 2012 - Grâce à l'introduction des vaccins antirotavirus, les
enfants rwandais seront désormais protégés contre la principale cause de diarrhée aiguë
sévère. Le rotavirus, qui coûte actuellement la vie à près de 3 500 enfants rwandais chaque
année, représente 8,8 % des décès d'enfants de moins de cinq ans.
L'introduction du vaccin antirotavirus dans le programme de vaccination de routine
marque un tournant historique dans l'effort du gouvernement rwandais pour améliorer l'accès
des enfants qui en ont le plus besoin aux services de santé appropriés.
« C'est une étape particulièrement importante pour les enfants rwandais dans la mesure
où ces vaccins permettront de sauver des vies supplémentaires », a déclaré le Dr. Agnès
Binagwaho, ministre rwandaise de la Santé. « La vaccination est l'une des interventions de
santé les plus efficaces qui soit et nous sommes fiers aujourd'hui de pouvoir renforcer
notre programme de vaccination de routine grâce à l'introduction de ce nouveau vaccin
salvateur ».
« Le Rwanda réitère son engagement à prévenir les maladies infectieuses », a déclaré le
Dr. Seth Berkley, PDG de GAVI Alliance. « Grâce à l'introduction du vaccin antirotavirus,
les quelque 438 000 enfants rwandais qui naissent chaque année seront désormais protégés
contre l'une des maladies infantiles les plus meurtrières. Tous les enfants, où qu'ils
naissent, ont le droit à un accès équitable à la
vaccination ».
Les enfants africains présentent la charge de morbidité des infections à rotavirus la
plus élevée. En effet, 40 % des enfants hospitalisés pour diarrhée sont testés positifs au
rotavirus. En 2010, le Rwanda a mis en place un réseau de surveillance du rotavirus afin
d'évaluer la charge de morbidité effective des infections à rotavirus et de mesurer
l'impact de l'introduction du vaccin.
Le Rwanda a accompli ces dernières années des progrès considérables dans le domaine de
la vaccination. Il est l'un des tout premiers pays en développement à avoir introduit les
vaccins contre les infections à pneumocoque et le virus du papillome humain (VPH), en 2009
et 2011 respectivement. Son taux de couverture vaccinale de routine atteint aujourd'hui
96,8 %. Des progrès significatifs ont également été observés dans l'amélioration de la
survie infantile et maternelle. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, le taux de
mortalité des enfants de moins de cinq ans est passé de 138,4 pour 1000 en 2005 à 117,5
pour 1000 en 2011.
La vaccination représente le meilleur espoir de prévenir une infection à rotavirus grave
et la déshydratation par diarrhée mortelle que celle-ci entraîne. Dans le monde, 1 enfant
sur 260 meurt avant l'âge de cinq ans des suites d'une infection à rotavirus - soit plus de
1 200 enfants chaque jour. 95 % des décès liés au rotavirus surviennent dans les pays en
développement, où l'accès à un traitement contre les diarrhées sévères à rotavirus est
limité voire inexistant. En Afrique, la diarrhée déshydratante causée par l'infection à
rotavirus tue chaque année près d'un quart de million d'enfants (environ la moitié des
décès dans le monde).
En 2011, GAVI s'est engagée à financer l'introduction des vaccins antirotavirus dans 12
pays d'Afrique, dont le Ghana, l'Angola, le Burundi, le Cameroun, le Congo, Djibouti,
l'Ethiopie, Madagascar, le Malawi, le Niger et la Tanzanie. D'ici 2015, GAVI prévoit en
outre d'introduire les vaccins antirotavirus dans 40 pays parmi les plus pauvres du monde,
ce qui permettra d'immuniser plus de 50 millions d'enfants.
Le Rwanda est le troisième pays africain éligible au soutien de GAVI, après le Soudan et
le Ghana - et le septième pays après le Nicaragua, le Honduras, la Bolivie et le Guyana
notamment - à introduire le vaccin antirotavirus.