Rapport coût-efficacité

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La vaccination est l’un des moyens les plus rentables de sauver des vies, d’améliorer la santé et d’assurer la prospérité à long terme.

L’un des meilleurs investissements de santé publique

La vaccination infantile est l’un des meilleurs investissements possibles en matière de santé publique aujourd’hui. Les vaccins sont relativement faciles à administrer et, dans la plupart des cas, offrent une protection à vie contre la maladie. En contrepartie, la vaccination contribue à stimuler le développement : elle permet notamment une réduction directe des dépenses de santé et procure de multiples bénéfices indirects sur le plan économique (développement cognitif, niveau scolaire, productivité du travail, revenus, économies et investissement).

Le rapport intitulé Vaccins et vaccination : la situation dans le monde en 2009 révèle que « Même avec l’apparition des nouveaux vaccins, plus onéreux, la vaccination demeure l’une des interventions sanitaires qui présente le rapport coût/efficacité le plus favorable ».

En 2005, des chercheurs de l’Université de Harvard ont estimé le retour sur investissement du programme visant à élargir la couverture vaccinale dans les pays éligibles au soutien de GAVI à 18 % d’ici 20201, soit davantage que la plupart des autres interventions sanitaires – et comparable à l’éducation primaire.

Bien que les nouveaux vaccins financés par GAVI coûtent davantage que les autres vaccins inclus de longue date dans les programmes nationaux de vaccination, ils demeurent rentables par rapport à d’autres interventions.

Rapport coût/efficacité et DALY

Dans les pays à faible revenu, l’espérance de vie est plus courte et la population passe davantage de temps en mauvaise santé. Afin de tenir compte de la perte de valeur d’une année en bonne santé, sans maladie ni handicap, la mesure habituellement utilisée en santé publique est l’année de vie ajustée sur l’incapacité (DALY), un concept qui associe les années de vie perdues du fait d’un décès prématuré (mortalité) et la perte de la pleine santé du fait de la maladie et du handicap (morbidité).

La Commission Macroéconomie et Santé de l’OMS a jugé que les interventions qui faisaient gagner une année de vie en bonne santé (c’est-à-dire une DALY évitée) à un coût inférieur au PNB par habitant étaient d’un très bon rapport coût/efficacité.8 Celles qui évitent chaque DALY à un coût compris entre une fois et trois fois le PNB par habitant ont un rapport coût/efficacité favorable.

Selon une étude réalisée en 2006, le coût par DALY évitée avec les vaccins traditionnels du PEV oscillait de 7 US$ à 438 US$. Le coût par décès évité va de 205 US$ en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne à 3 540 US$ en Europe et en Asie centrale.9

Hépatite B

Une revue exhaustive des évaluations économiques a clairement montré que la vaccination universelle contre l’hépatite B dans les pays d’endémicité intermédiaire et de forte endémicité présentait un bon rapport coût/efficacité et qu’elle permettait même de réaliser des économies par rapport à l’absence de vaccination.2

Hib et infections à pneumocoque

La plupart des évaluations économiques sur la vaccination anti-Hib ont conclu qu’il s’agissait d’une intervention d’un bon rapport coût/efficacité.3 Selon une étude réalisée en 2007, on estime qu’à un prix de 5 US$ la dose, le vaccin antipneumococcique est une intervention d’un très bon rapport coût/efficacité dans les 68 pays les plus pauvres.4

Rotavirus

Une étude réalisée en 2009 a montré qu’à un prix de 7 US$ la dose, qui diminue progressivement au fil du temps pour atteindre 1,25 US$ la dose en 2007, la vaccination contre le rotavirus serait également d’un très bon rapport coût/efficacité dans tous les pays éligibles au soutien de GAVI.5

Des vaccins à coût abordable

La rentabilité des vaccins est un argument de poids pour leur utilisation dans les pays à faible revenu. En effet, le pourcentage des pays à faible revenu ayant une ligne séparée dans leur budget national pour l’achat de vaccins est passé de 64 % en 2000 à 75 % en 2006.6

Si tous les pays à faible revenu dépendent largement du soutien extérieur pour financer leurs programmes de vaccination, une récente analyse montre que la part du financement public dans la vaccination de routine est passée de 35 % en 2000 à 39 % en 2008 dans ces pays.7 Cette évolution s’inscrit dans le contexte d’une augmentation considérable du coût global des vaccins.


1 Etude de l’école de santé publique de Harvard (2005), http://www.hsph.harvard.edu/news/press-releases/archives/2005-releases/press10142005.html

2HT Tu, HJ Woerdenbag, S Kane, A Riewpaiboon, M van Hulst, MJ Postma. Evaluation économique de la vaccination contre l’hépatite B dans les pays en développement . Expert Rev Vaccines. Juillet 2009 ; 8(7):907-20.

3UK Griffiths, A Miners. Evaluation économique de la délivrance du vaccin contre l’Haemophilus influenzae de type b : revue systématique de la littérature. Expert Review Pharmacoecon Outcomes Res. Août 2009 ; 9(4):333-46

4A Sinha, O Levine, MD Knoll, F Muhib, TA Lieu. Rentabilité du vaccin conjugué antipneumococcique dan la prévention de la mortalité infantile : une analyse économique internationale. Lancet. 3 février 2007 ; 369(9559):389-96.

5 D Atherly, R Dreibelbis, UD Parashar, C Levin, J Wecker, RD Rheingans. Vaccination antirotavirus : rentabilité et impact sur la mortalité infantile dans les pays en développement. J Infect Dis. 1er novembre 2009 ; 200(Supp 1):S28-38.

6P Lydon, PI Beyai, I Chaudhri, N Cakmak, A Satoulou, L Dumolard. Financement public de la santé et lignes budgétaires nationales spécifiques : le cas des vaccins et de la vaccination. Vaccine. 2 décembre 2008 ; 26(51):6727-34.

7Ibid.  

8DG Walker, R Hutubessy, P Beutels. Guide de l’OMS pour la standardisation des évaluations économiques de la vaccination. Vaccine. 8 mars 2010 ; 28(11):2356-9. Epub 28 juin 2009.

9L Brenzel, LJ Wolfson, J Fox-Rushby, M Miller, NA Halsey. Maladies évitables par la vaccination. Extrait de : DT Jamison, JG Breman, AR Measham, G Alleyne, M Claeson, DB Evans, et al, éditeurs. Priorités dans le contrôle des maladies touchant les pays en développement. 2ème édition. New York : Oxford University Press; 2006. P. 389-412.

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